Histoire
LA COMMUNE DE GROSSETO-PRUGNA
Le village de Grosseto, comme
beaucoup de villages insulaires, est divisé en plusieurs hameaux, en l’occurrence
Vignali, Prugna et tout récemment Porticcio en bord de mer, séparé de plus de 35 km du village de montagne.
Dans ces villages malheureusement oubliés par beaucoup, qui tombent bien
souvent dans le silence et l’indifférence, le passé est toujours présent.
Le hameau principal, Grosseto,
était réputé pour sa vigne. Aujourd’hui, il abrite une école avec 2 classes et
plus de 40 enfants ; plus de 300 personnes y vivent à l’année. Prugna,
lui, est le cœur historique. En effet, quel est le village qui, au XVIème
siècle, ne possédait pas de « Casa Forte », de « Torra »? A
Prugna, il en existait plusieurs et un châtelain, le Comte Polverelli, y avait
élu domicile. Le hameau, évité par la route départementale, a conservé toute sa
beauté originelle tout comme Vignali. Ce dernier conserve ses demeures
anciennes qui malgré l’outrage du temps méritent le détour.
Enfin, Porticcio, station balnéaire classée, revendique son identification comme « la perle du golfe
d’Ajaccio ». Avec plus de 60 000 visiteurs en saison, elle offre deux
établissements de luxe, de nombreux commerces ainsi qu’une multitude
d’activités nautiques et ludiques pour les estivants. La vue sur le golfe y est
superbe et enchanteresse. Les promeneurs peuvent aussi y
visiter la Tour
de Gué de Capitello, construite par les occupants génois et qui y vit Napoléon
s’embarquer pour son 1er exil.
L'EGLISE DE GROSSETO
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Il n’est pas excessif de dire que
nos églises de campagne même les plus humbles, les plus pauvres et les plus
démunies sont belles.
Elles manifestent leur beauté, non
pas en obéissant aux normes et canons de certaines conceptions, mais elles
répondent davantage à la formule de Platon «Splendeur du vrai».
La place du village de Grosseto porte le nom
de Saint Césaire. C’est l’église qui lui a donné son nom. Il s’agit d’une
construction romane en date du XI° siècle. La place de l’église était
auparavant un ancien cimetière. En effet, il y avait une tradition qui était
celle d’enterrer les morts à proximité de l’église pour que l’eau descendant du
toit les sanctifie lorsqu’ils étaient sous terre.
PORTICCIO
Hameau de Grosseto-Prugna,
la station balnéaire de Porticcio est située sur la rive
sud du golfe d’Ajaccio. La tour génoise de Capitello est un des lieux marquants du site. ![]()
Le mélange des traditions
génoises, maures, corses et françaises a laissé des empruntes indélébiles dans
le décor insulaire. Les tours génoises qui parsèment le littoral
de l’île en sont l’un des principaux témoignages. Les tours génoises furent construites au XVIe
siècle à la demande des communautés villageoises pour se protéger des pirates.
Qu'elles soient carrées ou plus souvent
circulaires, elles ont toujours trois étages : un
niveau pour les réserves d'eau, de vivres et de munitions, un autre pour la vie
et le dernier pour la veille.
Généralement appelées "tours génoises", cette dénomination
constitue en réalité un abus de langage. En effet, bien que bâties durant la période génoise, la plupart des tours
ont été construites par les habitants et par leurs propres moyens au cours de la deuxième partie du 15éme siècle mais sur
ordre de l'Office Saint Georges qui détenait les droits commerciaux sur la Corse, droits cédés par la Sérénissime. Edifiées aux 16 et 17ième siècles pour prévenir les pirates barbaresques, les tours
génoises sont aujourd'hui devenues l'un des symboles
de la Corse.
LA TOUR GENOISE DE CAPITELLO
Elle campe sur la côte à l'embouchure du Prunelli, face au golfe d'Ajaccio, à l’entrée Nord de Porticcio.
Il
s’agit d’une tour ronde haute de 11 mètres. Avec ses 42 mètres de circonférence
à la base, elle est plus importante que la plupart de ses consœurs, et son architecture est cossue.
Elle vit se dérouler un évènement
important de la vie de Napoléon Bonaparte.
Une insurrection des partisans de
Pascal Paoli éclata dans l’île en 1793, suite à l’affaire de Sardaigne après
laquelle celui-ci fut déchu de son commandement par la
Convention devant laquelle il avait été traduit par
l’intervention de Lucien Bonaparte, le frère de Napoléon.
Les Bonaparte désormais «ennemis
de Paoli» durent se réfugier aux Milelli, la «casa
Buonaparte» ayant été pillée. Napoléon, jeune officier
parvint à persuader les commissaires de la République de reprendre
la ville. Une flotte fut donc envoyée dans la baie
d’Ajaccio et Napoléon s’installa avec cinquante hommes dans la tour, avec le
projet d’attaquer la ville par la terre. Mais la tour fut
assiégée et le projet échoua. Napoléon parvint cependant à rejoindre la flotte
et récupéra sa famille près de la tour. De là, ils gagnèrent
Calvi puis Toulon. Napoléon ne revit la Corse qu’à son retour d’Egypte.
Il est une légende plus pittoresque relative à la construction de la tour, reproduite dans le quotidien «La République» du 7 Avril 1897. Vers 1245, un astrologue renommé vivant à Bastelica, Magnifico Matteo, incita la population de la commune à construire une tour pour lutter contre les Maures, les Pisans et les Génois, ce qui fut fait en sept jours. Le Grand Conseil d’Ajaccio décida alors de s’emparer de la tour, construite sur son domaine, et envoya un ultimatum aux Bastelicais. Ceux-ci demandèrent alors à nouveau conseil à Magnifico Matteo qui suggéra, pour éviter une guerre fratricide, de déplacer la tour avec des cordes jusqu’à Bastelicaccia, en profitant du passage d’une comète. Une belle corde en poil de chèvre fut aussitôt solidement tressée, mais les efforts furent vains: la tour ne bougea pas, et les Bastelicais durent s’entendre avec les Ajacciens. La tour leur fut cédée contre une forte indemnité et l’engagement de fournir la moitié de la garnison, dont le commandement resterait aux Bastelicais.
LA TOUR DE FRASSU
Sur la Rive Sud en venant
d’Ajaccio et en s’aventurant à gauche sur le chemin du Rotolo
par un sentier muletier, on parvient à la tour de Frassu, une architecture de style pisan roman en ruine.
Vers 1880 l’évêque de La Foata
visita cette tour et la désigna du nom de château pensant que ses vestiges
étaient ceux de la casa Del Comte Polverello.
En 1944, dans un fond d’archive,
un acte mentionne que la maison du Comte Polverello
avait fait l’objet d’une donation au moine de l’abbaye bénédictine San Venerio
Del Tino. Cet acte avait été signé à Vernazza par le marquis Alberto Rufo
et son épouse la Comtesse Giulitta. Sans date archéologique des monuments, il est quasiment impossible de
définir les liens entre le Comte Polverello et le
Marquis Alberto Rufo. La tour de Frassu a certainement été occupée
dans les années 1080 par le Marquis Rufo et son
épouse.
Depuis cette tour on englobe la
ville, et le paysage de la Rive
Sud jusqu’à Isolella. Aujourd’hui délabrée, elle avait des murs construits identiques à ceux
des églises romanes de style pisan du XIIe siècle. A 150 mètres vers le sud on aperçoit les ruines
du village de Frassu détruit au XVIe siècle par les
Turcs. On identifie encore des maisons avec un four et
au bout du promontoire, la tour sans toit avec une porte haute certainement
construite pour protéger le village.
Cette originale maison forte est
déjà visible depuis le cimetière, se détachant sur la crête. C’est un bel exemple d’architecture post médiévale, une solide coquille
vide accrochée au rocher qui double sa hauteur, et qui lui a sans
doute permis de survivre à la destruction du village. Les murs sont intacts : seuls manquent la
toiture et les planchers.
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